jeudi 10 avril 2008

LES POLITIQUES PUBLIQUES SONT INADAPTEES AU CONTRAINTES DE L'HEURE (Patrick Artus et Marie-Paule Virard)

Il y a pire que la censure, il y a l'autocensure, le tabou, l'impossible car abject scénario.

Nos économistes, dans leur écrasante majorité, ont, malheureusement, une vision bien trop exacte de l'état de notre société actuelle et de la façon dont elle en est arrivé là. Cependant, il est gênant, à longueur d'analyse, d'entendre parler des « erreurs » commises par nos gouvernements successifs... Cela part du point de vue, communément admis, d'un humanisme politique opposé au libéralisme financier porteur des abhérations sociales qu'on ne peut que constater. Il y a toutefois un autre point de vue, bien trop rarement exploré car gênant face à l'engagement capitaliste généralement constaté parmi eux : celui d'une participation politique volontaire à ces abhérations ! En effet, si on reste sur le point de vue de l'affrontement politique/finance, les lois, décrets et autres portés par les politiques, non seulement sont totalement inefficaces face à un ultra libéralisme galopant, mais, en plus, sont même totalement ridicules car incapables de stopper la fuite en avant de ce système financier, bien au contraire, ils l'aident même souvent à mettre en place de nouvelles façons d'exploiter les capitaux ou les hommes ! Cela suppose que nous sommes dirigés par de parfais incapables, ignorant totalement l'état actuel de notre société et les raisons des crises à répétition que nous vivons. Comment le croire ? Comment croire qu'aucun de ces hommes politiques, qui, pour beaucoup, ont une formation juridique ou financière extrêmement pointue, la même, en fait que ceux qui utilisent le système au sein des groupes financiers, ne pourraient comprendre les raisons, les tenants et les aboutissants de ces crises ??? Sans compter qu'eux aussi savent lire et parcourent quotidiennement les revues dans lesquelles écrivent nos économistes, et que, de plus, ils sont généralement proches de ces financiers, très proches même car certains ont la double étiquette...

Si on se place du point de vue de la participation volontaire à ces abhérations, les mesures misent en place par nos politiques s'éclairent d'un jour nouveau, mais abject ! En effet, en prenant ce point de vue, beaucoup de décisions ne tombent plus du tout dans le domaine du ridicule, bien au contraire : réformer le système de la sécurité sociale permet d'alimenter, d'offrir, une manne financière énorme au privé, réformer le code du travail permet d'offrir plus de flexibilité et d'exploitabilité à l'employeur... Je vous laisse continuer la liste longue des réformes actuelles, ou, pour ceux qui voudraient en connaitre un peu plus, je leur conseille de lire le premier post sur ce sujet de ma part : A CELUI QUI VOUS DIRA QU'IL S'EST ENRICHIT PAR LE TRAVAIL, DEMANDEZ LUI : « DE QUI ? », post qui sera suivit d'autres sur le même thème.

Certains me dirons que je ne cite ici que les réformes actuelles, mais on peut citer beaucoup d'autres réformes : celles liées au SMIC, censées prévenir officiellement toute tentative de chute vertigineuse des salaires et qui, dans les faits, n'a fait que niveler par le bas le salaire des français ; la loi des 35 heures si « décriée » par nos patrons qui se sont pourtant vu offrir, au passage, une flexibilisation du travail par l'annualisation du temps de travail ou encore des aides faramineuses sous forme d'allègement de charges sur le compte de la sécurité sociale (pour une somme de 18 milliards d'euros par an à comparer au « trou » qui n'est que de 12 milliards)... La liste est longue...

En fait, par ce point de vue, non seulement ces réformes sont efficaces, on le voit par l'état actuel de la liberté offerte au capitalisme, mais, en plus, leur mise en place payées par des deniers publics, ont souvent été une aubaine pour la finance...

Nos économistes continuent à ignorer cette possibilité, incompatible avec leurs engagements, préférant proposer des solutions qui, pour certaines, pourraient marcher mais qui, depuis des dizaines d'années, sont totalement ignorées par les politiques et rejetées par la finance car incompatible avec leur liberté d'exploitation...

On nous affirme enfin que les « erreurs » politiques ne seraient en fait qu'une volonté de caresser l'électorat dans le bon sens et de favoriser une réélection... Qui, aujourd'hui, peut affirmer avoir pleinement profité des mesures mises en place ces vingt dernières années ??? Les électeurs, qui, dans leur énorme majorité, et qu'ils soient de droite ou de gauche, sont composés de travailleurs ? Ou la finance, la bourgeoisie ???

La présentation de ces mesures les fait effectivement ressembler à des erreurs voir des cadeaux à l'électorat qui en récoltera certaines miettes qui servent en fait à camoufler le vrai bénéfice de cette mesure, mais sur le fond des réformes, il conviendrait peut-être de bien observer qui en est le véritable bénéficiaire...

Je ne prétend pas qu'il faille se passer de l'instruction que nous apporte certains économistes, j'ai moi-même énormément apprécié l'ouvrage de Patrick Artus et de Marie-Paule Virard : « Le capitalisme est en train de s'autodétruire » aux éditions La découverte, et nombreux sont ceux qui ont une vision intéressante de la société, par contre, je m'emporte toujours face à l'interprétation qui est faite des mesures soi-disant inefficaces menées par les gouvernements. C'est un jeu de dupe, c'est se cacher derrière ses oeillères et, pire, pour certains, c'est faire sciemment le jeu de l'ultra libéralisme en participant au mensonge général !

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