Pourquoi la politique menée par le gouvernement ne peut-elle pas sauver l'économie française ?
J'ai voulu faire une petite analyse des mesures proposées par ce gouvernement afin de savoir quel en sera l'impact sur le développement économique et social français (un seul post n'y suffira malheureusement pas...). Mais pour ça, il est primordial d'avoir une petite idée du fonctionnement de cette société capitaliste.
Parlons tout d'abord du problème mis en exemple par Mital Gandrange. Il convient déjà de définir la politique économique et surtout actionnariale actuelle afin de comprendre la situation et le fonctionnement de toute entreprise. Alors que « l'actionnariat de papa » était basé, à la fin du XIXème siècle et jusqu'au milieu du XXème, sur la possession de l'entreprise et sur un aspect paternaliste, directif jusque dans l'extrême, la nouvelle donne économique renverse bien des choses. L'important, à l'heure actuelle, c'est la rentabilité rapide, immédiate même, des fonds placés. Il faut que l'argent rapporte rapidement et à grande échelle. Cette nouvelle façon d'aborder l'argent a son exemple type : le fond de pension. Cet argent mutualisé par le retraité aisé américain ou anglais dans une société de placement qui doit lui rapporter de quoi vivre quotidiennement. Le taux de rentabilité de ces placement doit être de 15 % l'an. Grosso modo... Alors comment y arriver ? Déjà, en stoppant tout investissement dans l'outil de travail. Tout investissement est un frein au bénéfice immédiat, même si, bien au contraire, il est le seul moteur possible au bénéfice de demain. Mais ce n'est pas le désir du fond de pension... Demain, il aura retiré ses billes pour investir ailleurs ! L'entreprise est devenu le citron du marché, elle est pressée jusqu'à la dernière goutte (le dernier euro) et doit donner un maximum de jus... et une fois ce jus épuisé, on prend un autre citron. Alors, comment, pour l'entreprise, éviter de s'écrouler trop vite et se maintenir dans un état de rentabilité satisfaisant pour garder le capital chez elle ? En présurant les salariés, déjà, pour augmenter la productivité ; en simplifiant la tâche afin de réduire la qualification, donc le cout de la main d'oeuvre nécessaire à la production ; en licenciant ensuite afin de réduire les charges pesant sur elle ; en délocalisant enfin, réduisant une nouvelle fois les charges. A la fin de ces opérations, deux solutions : l'entreprise est suffisamment forte pour avaler un de ses concurrent et/ou se diversifier en s'implantant dans d'autres secteurs d'activité, soit elle n'est pas suffisamment forte et sera avalée par ses concurrents. Dans tous les cas, le parcours de l'entreprise n'aura laissé que des friches : industrielles par des sites désertés, sociales par le chômage d'une main d'oeuvre peu voire pas qualifiée, précarisation... Quand à l'actionnariat, pour l'entreprise la plus faible, soit il aura bondit sur un autre créneaux avant l'écroulement, délaissant l'entreprise et accélérant sa perte, soit il aura perdu son pari et les « petits » retraités américains ou anglais n'auront plus de pension de retraite du fait de la perte totale des capitaux engagés ! Le pire, c'est que ce système d'investissement à très court terme est tellement rentable, à l'heure actuelle, que tout le marché financier s'y est engouffré et on ne trouve plus seulement les fonds de pensions mais une énorme majorité de l'investissement derrière ces placements catastrophiques. Ces entreprises fusionnant, me direz-vous, on en arrivera à une seule entreprise... C'est un constat que l'on pourrait faire, c'est ce qui entraine aussi un mimétisme hallucinant dans les placements des fonds, conscients de la situation et pressés de tirer parti du système, qui délaissent encore partiellement une grande partie de l'économie, telle, qu'en France, le second marché boursier ou encore les obligations pourtant plus sures. Et ces mouvements aussi subit et importants créent de formidables gouffres, on l'a vu en Asie quand les fonds se sont mis à investir massivement avant de se retirer de ce marché tout aussi massivement et subitement, ce qui a créé le krach boursier asiatique dont cette région du monde n'est toujours pas remis... Mais comment font alors ceux qui ne bénéficient pas de ces fonds ? Et bien ils pratiquent la même politique sociale afin de pouvoir dégager un fond d'investissement propre suffisant pour répondre à leurs besoins de liquidité provoquant de véritables séismes quand la baudruche se crève faute de rendement nouveau...
La libre circulation des capitaux, à l'heure actuelle, favorise grandement ce type de placement et a conduit au krach boursier asiatique (que l'on a vu), au krach des nouvelles économies (internet) et encore aujourd'hui à la crise immobilière et financière mondiale qui débute...
Quelles sont les mesures prises par notre gouvernement aujourd'hui qui correspondent à l'économie et à l'actionnariat ? Déjà, notre gouvernement remet en place la constitution européenne par le traité de Lisbonne dans laquelle on retrouve l'article 56, tant décrié par de très nombreux économistes européens puisqu'il « interdit toute restriction au mouvements de capitaux », c'est à dire qu'elle ouvre grand les portes, qui étaient déjà entrouvertes, à ces fonds d'investissement. Par l'article 48 aussi qui autorise toute liberté de se rendre là ou les conditions lui seront les plus favorables ! C'est tout simplement permettre à ces fonds d'investissement de reproduire en France et en Europe ce qui s'est passé en Asie !
Ensuite, et il faut là expliquer un autre problème lié à ces fonds : un besoin constant de liquidités afin de pouvoir investir plus encore et être ainsi le plus rapide à se placer sur le marché ; notre gouvernement choisit d'abandonner le système de retraite par répartition afin de privilégier la capitalisation privée, c'est à dire les fonds de pension, offrant sur un plateau l'argent des futurs retraités et actuels salariés à ceux qui vont non seulement détruire le salariat, mais qui en plus vont, à terme, conduire les capitaux placés ainsi dans un mur et un effondrement qui privera ceux qui ont investit de toute retraite... On demande donc à ces futurs retraités et actuels travailleurs d'investir pour détruire leur travail et liquider leur retraite ! C'est ce que Thomas Coutrot, membre du conseil scientifique d'Attac nomme dans Politis cette semaine « le capitalisme Ponzi » du nom de cet italo-américain qui, au début des années 20, s'était servi d'un flou juridique concernant les services d'affranchissement des postes américaines pour faire venir d'Italie des timbres bien moins cher et les revendre au prix américain. Il avait alors lancé une épargne basée sur ce système promettant un rendement de 50 %, mais le système s'est bien sur effondré et plus de 10 000 épargnants ont été floués. On retrouve ici le même type de capitalisme, en effet !
Encore, le gouvernement dénature volontairement le sens du code du travail, censé être le garant d'un équilibre déjà bien instable entre employeur et employé afin que celui ci devienne un outil de dépénalisation de l'employeur, favorisant l'employabilité à tous crin, c'est à dire la précarisation et la déqualification de quasiment tous les employés et facilitant le licenciement à tout va sans risque pour l'employeur puisque celui-ci sera alors dégagé de toute responsabilité pénale !
Et je ne parle pas des différentes « améliorations » portant principalement sur la mise en place, pour tous salarié, d'une impossibilité de se défendre.
C'était un des exemples de ce que signifient les lois misent en place par ce gouvernement et je continuerai à tenter d'expliquer en quoi ces lois sont antisociales.
Alors je suis peut-être gauchiste, je l'admet volontiers, mais j'aimerai qu'on m'explique en quoi ces lois peuvent être une avancée pour les salariés... Et en quoi le système mis en place est bon pour nous ? J'ai le sentiment, plutôt, qu'il s'agit là de tout faire pour aider quelques riches actionnaires à faire un maximum de profit le plus vite possible avant que le système ne s'effondre, ce qui arrivera forcément ! Et dans cet optique, notre président a raison : il est urgent de faire ces réformes ! Parce que si on attend trop, certains ne pourrons pas se sucrer au passage vu qu'il n'y aura plus rien à prendre...
Alors, toujours pas convaincu qu'il faut lutter contre les lois misent en place ? Et je n'ai pas fini...
A SUIVRE...
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